Tiens, on ferait pas reculer un peu le chômage ??? Les chiffres, au moins...

Pôle emploi 2020 : Ensemble, innovons pour l’emploi !

Un des premiers chantiers déployés en cette année 2015 : « améliorer sa capacité de contrôle de la recherche d’emploi »

Alors, bien sûr, en  mars 2015, le nombre d’offres d’emploi recueillies a (encore !) reculé : -06.%. Le chômage, lui, a augmenté de 0.4%, et le chômage de longue durée de 1.1%. (données cvs-cjo France Métropolitaine)

Qu'y faire ?

Pôle emploi semble avoir trouvé LA solution : le contrôle organisé de la recherche d’emploi.

Ben oui, même s’il n’y a de toute évidence pas de travail pour tous les demandeurs d’emploi en même temps, ils sont quand même tenus d’effectuer des actes « positifs et répétés » de recherche d’emploi, zut alors !

Alors allons-y ! 200 ETP au national, 14 pour le Nord-Pas-de-Calais, une équipe régionalisée qui se consacrera exclusivement au contrôle. Sur dossier d’abord, sur la base de requêtes régionalement choisies dans « une liste nationale prédéfinie de requêtes aléatoires et ciblées ». La part de requêtes aléatoires et de requêtes ciblées ? Pas un mot là-dessus pour l’instant. Et au fait, ciblées selon quels critères ? Rien de discriminant comme l’âge ou le sexe, non, bien sûr. Pôle emploi a toujours été très respectueux de la loi et n’a d’ailleurs jamais jamais jamais JAMAIS fait vérifier sur les dossiers que les personnels recrutés en CDD déclaraient bien leur reprise de travail. Non. Aucune dérive n’est à craindre… Hum !

Bref, si l’examen sur dossier est insuffisant pour se prononcer sur « l’effectivité de la recherche d’emploi », alors, dans un 2e temps, notre conseiller/ère spécialement dédié-e au contrôle procédera à l’envoi d’un… questionnaire ! (Bon, avant de se gausser, faudra voir les questions, mais il y aura probablement largement matière à se demander s’il vaut mieux rire ou pleurer…)

Et si les réponses au questionnaire ne permettent toujours pas à notre collègue – qui n’avait pas pris l’option « divination » à la fac, en fait – de se prononcer sur la réalité de « l’effectivité de la recherche d’emploi », alors, dans ce cas, la procédure prévoit un entretien téléphonique. Et si décidément il/elle n’y arrive toujours pas, alors là, le bouquet final : l’entretien individuel physique par le conseiller dédié sur le site d’affectation. Et là, la DG a TOUT prévu : de la formation (« Gestion de la liste » ; « acquérir les méthodes et techniques favorisant un dialogue équilibré » ; « gestion des situations difficiles »…), de l’information sur les droits et devoirs (et dès l’inscription sur l’existence de ce contrôle « aléatoire ») sans oublier le nouveau code informatique du registre de sécurité « incident suite à un contrôle ». Sans rire !

Que les conseillers se rassurent, pourtant, aucun objectif de contrôle ou de radiation en vue ! Nôôôn ! Que des avantages à la fois pour le conseiller accompagnement (« recentrer les conseillers sur le rôle d’accompagnement » ; « faciliter la relation des conseillers avec les entreprises » - oui, vous avez bien lu, c’est bizarre, mais c’est vraiment un argument DG !) ET pour le Demandeur d’emploi (« Redynamiser » ses  démarches, lui « Garantir l’effectivité de l’application des droits et devoirs » - SIC !!!...)

Et puis après tout, le contrôle de la recherche d’emploi est inhérent à l’emploi de conseiller, la preuve : dans la fiche métier « conseiller » - tout récemment modifiée par la DG – on trouve bien « Veille à l’application des modalités de suivi et de contrôle de la recherche d’emploi. » (rubrique « responsablités »). Les conseillers auront d’ailleurs un nouveau « service » à proposer à leurs DE : « Réaliser une demande de contrôle. » En revanche, pour cet acte métier là, personne n’a précisé s’il ferait l’objet d’un ciblage chiffré… Ou celui d’un « échange » en ESA.