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Classif', le verdict !

Souviens-toi, l'été dernier... Le feuilleton de 11 mois de l'année 2014 : après 18 réunions, la version définitive de la nouvelle classification des emplois et métiers de Pôle emploi, était prête à entrer en vigueur, quand, le 19/12/14 tout a basculé...

Après des "négociations" absolument indignes de ce nom (les Organisations Syndicales n'avaient pas l'ordre du jour avant les séances ; la proposition de classification a été présentée morceau par morceau dans le désordre, et au pas de charge...), au moment de la signature, la CFTC, la CFE-CGC et la CFDT ont bien sagement appliqué leur paraphe. Mais le SNU, FO et la CGT ne l'ont pas signée, cette proposition de classification, et c'est pas tout, en plus, ils ont fait valoir leur droit d'opposition.

Et là... coup de théâtre !

Les 3 OS signataires de l'accord ont saisi le Tribunal de Grande Instance de Paris afin qu'il déclare irrégulières les oppositions formées les OS non signataires, pour que cet accord puisse être appliqué.

Le verdict est tombé ce matin : la Justice a donné raison aux "signataires". La nouvelle classification va bien entrer en vigueur.

PS : pour mémoire, la position de SUD sur la classif' : Lettre aux salaries sur la future classificationlettre-aux-salaries-sur-la-future-classification.pdf (55.78 Ko)

Quand ? Comment ? Avec effet à quelle date ? Quelles conséquences pour les agents ?

N'éteignez pas le poste, le feuilleton continue !

Tiens, on ferait pas reculer un peu le chômage ??? Les chiffres, au moins...

Pôle emploi 2020 : Ensemble, innovons pour l’emploi !

Un des premiers chantiers déployés en cette année 2015 : « améliorer sa capacité de contrôle de la recherche d’emploi »

Alors, bien sûr, en  mars 2015, le nombre d’offres d’emploi recueillies a (encore !) reculé : -06.%. Le chômage, lui, a augmenté de 0.4%, et le chômage de longue durée de 1.1%. (données cvs-cjo France Métropolitaine)

Qu'y faire ?

Pôle emploi semble avoir trouvé LA solution : le contrôle organisé de la recherche d’emploi.

Ben oui, même s’il n’y a de toute évidence pas de travail pour tous les demandeurs d’emploi en même temps, ils sont quand même tenus d’effectuer des actes « positifs et répétés » de recherche d’emploi, zut alors !

Alors allons-y ! 200 ETP au national, 14 pour le Nord-Pas-de-Calais, une équipe régionalisée qui se consacrera exclusivement au contrôle. Sur dossier d’abord, sur la base de requêtes régionalement choisies dans « une liste nationale prédéfinie de requêtes aléatoires et ciblées ». La part de requêtes aléatoires et de requêtes ciblées ? Pas un mot là-dessus pour l’instant. Et au fait, ciblées selon quels critères ? Rien de discriminant comme l’âge ou le sexe, non, bien sûr. Pôle emploi a toujours été très respectueux de la loi et n’a d’ailleurs jamais jamais jamais JAMAIS fait vérifier sur les dossiers que les personnels recrutés en CDD déclaraient bien leur reprise de travail. Non. Aucune dérive n’est à craindre… Hum !

Bref, si l’examen sur dossier est insuffisant pour se prononcer sur « l’effectivité de la recherche d’emploi », alors, dans un 2e temps, notre conseiller/ère spécialement dédié-e au contrôle procédera à l’envoi d’un… questionnaire ! (Bon, avant de se gausser, faudra voir les questions, mais il y aura probablement largement matière à se demander s’il vaut mieux rire ou pleurer…)

Et si les réponses au questionnaire ne permettent toujours pas à notre collègue – qui n’avait pas pris l’option « divination » à la fac, en fait – de se prononcer sur la réalité de « l’effectivité de la recherche d’emploi », alors, dans ce cas, la procédure prévoit un entretien téléphonique. Et si décidément il/elle n’y arrive toujours pas, alors là, le bouquet final : l’entretien individuel physique par le conseiller dédié sur le site d’affectation. Et là, la DG a TOUT prévu : de la formation (« Gestion de la liste » ; « acquérir les méthodes et techniques favorisant un dialogue équilibré » ; « gestion des situations difficiles »…), de l’information sur les droits et devoirs (et dès l’inscription sur l’existence de ce contrôle « aléatoire ») sans oublier le nouveau code informatique du registre de sécurité « incident suite à un contrôle ». Sans rire !

Que les conseillers se rassurent, pourtant, aucun objectif de contrôle ou de radiation en vue ! Nôôôn ! Que des avantages à la fois pour le conseiller accompagnement (« recentrer les conseillers sur le rôle d’accompagnement » ; « faciliter la relation des conseillers avec les entreprises » - oui, vous avez bien lu, c’est bizarre, mais c’est vraiment un argument DG !) ET pour le Demandeur d’emploi (« Redynamiser » ses  démarches, lui « Garantir l’effectivité de l’application des droits et devoirs » - SIC !!!...)

Et puis après tout, le contrôle de la recherche d’emploi est inhérent à l’emploi de conseiller, la preuve : dans la fiche métier « conseiller » - tout récemment modifiée par la DG – on trouve bien « Veille à l’application des modalités de suivi et de contrôle de la recherche d’emploi. » (rubrique « responsablités »). Les conseillers auront d’ailleurs un nouveau « service » à proposer à leurs DE : « Réaliser une demande de contrôle. » En revanche, pour cet acte métier là, personne n’a précisé s’il ferait l’objet d’un ciblage chiffré… Ou celui d’un « échange » en ESA.

 

Convention Tripartite 2015-2018

Pôle emploi 2015 est mort ! Vive Pôle emploi 2018 : la nouvelle convention tripartite est arrivée. Avec un seul mot d’ordre, un seul leitmotiv, une seule obsession : éloigner les demandeurs d’emploi, en externalisant l’inscription et le suivi à des opérateurs privés, avec l’extension du 100% web. Cette nouvelle convention s’annonce bien menaçante, pour les demandeurs d’emploi, et pour les agents aussi. « Renforcement de la personnalisation de l’accompagnement,  avec  « une attention particulière pour le chômage de longue durée et récurrent », « Proposition aux entreprises d’une offre de services correspondant à leurs besoins », et « développement d’une culture de la performance » sont autant d’items potentiellement à double sens.

Prenons d’abord le « renforcement de la personnalisation de l’accompagnement » : que peut-on signifier par « accompagnement plus personnalisé » ? Tout le contraire, semble-t-il, puisque le futur demandeur d’emploi devra réaliser SEUL son inscription et sa demande d’indemnisation, et sur internet par-dessus le marché ! (fracture numérique, ça parle à quelqu’un ?). Ensuite, il aura un entretien avec un conseiller Pôle emploi (pour le moment) qui « diagnostiquera s’il relève d’un suivi 100% web, ou en OPP (vous le sentez, vous le renforcement de la personnalisation de l’accompagnement ??? moi, c’est plutôt le maintien à distance à tout prix du demandeur d’emploi que je sens…) OU encore, troisième option, d’un suivi en accompagnement renforcé avec Pôle emploi (à rapprocher de « l’attention particulière  au chômage de longue durée », ça prend tout son sens !). En clair, les DE autonomes, on ne s’en occupe pas, on sous-traite (même si toutes les études menées là-dessus ont toutes conclu à la meilleure efficacité de nos services par rapport aux OPP – ça a bien du les em… d’ailleurs, bref !) et les autres, ceux qui sont peu autonomes et qui ont des problèmes périphériques, on les garde en interne, et surtout, surtout, on applique bien la gestion de la liste, hein ! … Je prévois une forte baisse du chômage de longue durée d’ici 2018, pas vous ?

Pour la « proposition aux entreprises d’une offre de services correspondant à leurs besoins », j’avoue que je suis un peu surprise : je n’avais pas remarqué que depuis toutes ces années on s’efforçait de ne pas répondre aux besoins des entreprises… En clair, que nous annonce-ton ? Le retour des Prospecteurs Placiers, semble-t-il (je vous parle d’un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître…)…

Et puis le clou du spectacle : « le développement d’une culture de la performance ». En vrac, les termes qu’on retrouve parlent d’eux-mêmes : « flexibilité de l’accueil », « dispositif d‘évaluation exigeant », « évolution des horaires d’ouverture au public », « appui sur les partenaires territoriaux pour délivrer des services en proximité », et surtout « garantir l’accessibilité ». Là, on ne parle pas de construire des rampes d’accès pour fauteuil roulant ou de mettre un interprète LSF, non, on parle (encore et toujours) d’internet.

 

Bref, accrochez-vous, Pôle emploi 2015, par rapport à ce qui vient, c’était de la rigolade…

Portail LISA, retrait des vigiles et agressions...

Début janvier 2014, les collègues des sites "sensibles" ont eu la désagréable surprise de constater la disparition des agents de sécurité. Alerté, Sud emploi a aussitôt écrit à notre direction régionale pour protester contre cette décision incompréhensible dans le contexte national "Vigipirate attentat". La réponse de la Direction tardant à arriver, le sujet a donc été abordé lors de la réunion des délégués du personnel du vendredi 30/01/2015.

Explication de la Direction : "Les problématiques d'incivilités et d'agressions étaient liées à l'exiguïté des zones d'accueil. A aujourd'hui, ces problématiques sont réglées par le déménagement ou le réaménagement des sites concernés, par la présence du Manac, par la sécurisation des accès et par la formation des collègues concernés grâce aux sessions "Epistème". D'ailleurs, en 2014, on compte seulement 2 agressions, et le nombre de signalements a diminué de 25%. La présence des agents de sécurité n'était qu'un palliatif dont la nécessité n'existe plus aujourd'hui. Le risque zéro n'existe pas. Ces sites sont désormais équipés d'une caméra de surveillance".

Il faut savoir qu'en 2014, le process de remontée des accidents du travail, incivilités et agressions a changé : c'est désormais à l'ELD qu'il incombe d'effectuer les remontées via l'outil informatique "LISA". Alors, baisse réelle des signalements ou déperdition d'informations liées à cette nouvelle procédure ?

Il faut aussi savoir qu'en janvier 2015, 2 agressions ont eu lieu, soit autant pour janvier que pour toute l'année 2014. La première a eu lieu dès le lendemain de la "disparition" des vigiles, la seconde, le 29/01/2015, veille de la réunion des DP.

Espérons que la Direction retrouve le sens commun et prenne en mains les responsabilités qui lui incombent quant à la sécurité de ses agents. Notre sécurité.